Amendement n°9 : Pour le lancement de campagnes nationales de lutte

Nos 11 amendements votés démocratiquement en congrès de section ayant tous, sauf un, été rejetés et non soumis au vote lors de la conférence départementale sous le prétexte « trop longs », nous les publions sur le site afin que l’ensemble des communistes de l’Aisne puisse en avoir connaissance.

Amendement n°9 : Pour le lancement de campagnes nationales de lutte

 

-Insertion dans le texte : Page 22 ligne 13, ajout d’un paragraphe.

 

-Résumé de l’amendement : Ajout d’un paragraphe intitulé « Pour le lancement de campagnes nationales de lutte » où nous proposons de lancer immédiatement des campagnes nationales de lutte. Quatre doivent être mises en avant : monopole public ferroviaire, baisse des crédits militaires et sortie de l’OTAN, nationalisation et sécurité sociale.

 

Le 38e congrès du PCF ne peut être extraordinaire que s’il remet le parti en ordre de bataille contre le capitalisme, et cela ne peut que passer par son inscription directe dans les luttes. De façon immédiate, nous proposons de lancer  quatre campagnes nationales de lutte.

 

1-Pour l’augmentation générale des salaires (cœur de l’exploitation capitaliste) et la défense du financement de la Sécurité Sociale par le salaire socialisé (cotisations sociales).

 

Dans la continuité de ses prédécesseurs, Macron transforme le « Pacte de responsabilité » avec le CICE, mis en place sous Hollande, en exonérations définitives de cotisations patronales. Le financement de la Sécurité Sociale est déjà amputé par la suppression des cotisations sociales d’assurance maladie, remplacé par l’augmentation de la CSG. D’autres contre-réformes sont en cours en complément, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, sa fusion avec la CSG qui attaquent gravement le financement solidaire de la Sécurité Sociale en le fiscalisant.

 

La Sécurité Sociale est financée essentiellement par des cotisations sur les salaires. C’est le salaire socialisé. Nos salaires sont composés d’une partie de salaire net que nous percevons directement et d’une partie nommée « salaire socialisé » qui représente notre apport et celui du patron au financement de la Sécurité Sociale. Depuis sa création, le patronat n’a cessé de vouloir s’affranchir du salaire socialisé. A chaque fois que le patron obtient que sa part soit revue à la baisse ou totalement exonérée, notre salaire baisse mécaniquement. De la même façon, quand la part patronale de notre salaire socialisé baisse, c’est notre exploitation qui augmente.

 

Partant de ce constat, le congrès propose une campagne nationale pour l’augmentation des salaires et la défense du financement de la Sécurité Sociale par le salaire socialisé :

-Notre bataille doit exiger la fin des exonérations de cotisations patronales, qui représentent au total 41 milliards par an.

-Tant que nous serons dans un système capitaliste, le patronat doit participer majoritairement au financement de la Sécurité Sociale en payant sa part du salaire socialisé.

-Le financement de la Sécurité Sociale par les salaires socialisés rend légitime la revendication à gérer la Sécurité Sociale par les travailleurs afin de l’affranchir totalement de l’appétit des patrons et des changements politiques.

-La reprise des 200 milliards d’exonérations de la part patronale du salaire socialisé qui ont été pris sur les salaires et l’augmentation des salaires.

 

2-Pour le monopole public SNCF

 

Aujourd’hui, les mesures du « nouveau pacte ferroviaire », dans la stricte continuité de la « réforme ferroviaire » de 2014, portent de lourdes conséquences pour le service public ferroviaire de transport de voyageurs : application en France des règlements et directives de l’Union européenne sur la marchandisation du rail (« paquets ferroviaires »), suppression du monopole public historique sur les trains de voyageurs pour une ouverture de cette activité à la concurrence et au privé, éclatement de la SNCF et sa transformation en société anonyme par actions rendant ainsi possible sa privatisation. Il est important de rappeler que la mise en concurrence du fret s’est traduite par une réduction de 40 % au profit du transport routier. Malgré le statut, l’anticipation de la concurrence/privatisation a déjà eu pour conséquence la suppression de 30 000 postes, entraînant une réduction de services, de guichets, de gares, de fonctions, de contrôle et de sécurité.

 

Face à ce processus de privatisation/marchandisation du service public SNCF, le congrès propose une campagne nationale pour :

            -Le retour au monopole public SNCF du transport de voyageurs qui ne peut être dissocié du retour au monopole public SNCF du Fret, activité sinistrée depuis sa mise en concurrence.

            -L’intégration de toutes les activités ferroviaires dans un établissement unique SNCF.

            -Le renforcement du statut des personnels correspondant aux conditions de ce service public.

 

3-Pour la baisse des crédits militaires et la sortie de la France de l’OTAN

 

Pour ce 38ème congrès, notre Parti propose de reprendre son combat contre l’impérialisme et pour la paix. Notre campagne pour la paix, historiquement contre notre propre impérialisme, pour le désarmement unilatérale de la France, nucléaire et non nucléaire, pour la sortie de la France de l’OTAN et des politiques de défense est notre priorité. Quel sens peut avoir la perspective d’un monde multipolaire ? Hier, le bloc socialiste, divergent sur le fond du bloc capitaliste, pouvait représenter un équilibrage. Aujourd’hui, nous risquons d’être exposés à une montée des blocs impérialistes et leurs alliances conflictuelles comme avant 1914. Notre théorie et notre expérience historique issue de l’opposition à la première guerre mondiale nous enseigne que notre Parti doit, dans le cadre de la solidarité internationaliste, pour la paix et contre l’impérialisme, combattre d’abord son impérialisme national.

 

Ainsi, le congrès propose une campagne nationale pour la baisse des crédits militaires et la sortie de la France de l’OTAN en affirmant :

            –la sortie de la France de l’OTAN et de toute politique militaire intégrée de l’Union européenne du capital.

            -la (re)nationalisation des industries d’armements, leurs orientations strictes vers la défense nationale avec perspective de reconversion vers le civil.

            -le retour en France de tous les soldats déployés dans les OPEX (opérations extérieures).

            -le démantèlement progressif unilatéral, des programmes français d’armement nucléaire, et d’autres armes de destructions massives.

            -le renoncement, dès 2019, à l’augmentation de 1,7 milliard d’euros par an jusqu’en 2025 et, au contraire, la baisse des crédits militaires.

            -la réorientation de cet argent vers les politiques sociales, notamment l’hôpital, la prise en charge des personnes dépendantes, l’école et la coopération avec les pays les moins développés.

           

4-Pour des nationalisations démocratiques des secteurs clés de l’économie

 

A côté des actions pour la reconquête des grands services publics nationalisés, le congrès reprend résolument nos campagnes pour la nationalisation des secteurs clés de l’économie dans l’esprit des nationalisations démocratiques de la Libération. Le Parti n’a jamais prétendu que des nationalisations, sous régime capitaliste, représentait un début de socialisme ou des îlots de socialisme. Mais la nationalisation représente une importante amélioration du rapport de force en faveur des salariés et du peuple, pour développer les secteurs clés de l’économie, les défendre face à des projets destructeurs du capital, dans le sens de la réponse aux besoins du pays. Le congrès se prononce sur des nationalisations intégrales, à 100%, y compris par voie de réquisition, excluant l’actionnariat privé. Dans les entreprises publiques, la lutte reste constante contre l’étatisation au service du profit capitaliste réalisé dans le reste de l’économie, contre la « nationalisation des pertes ».

 

La signification historique, démocratique, de la « nationalisation à la française » explique pourquoi, en 2008, le gouvernement de Sarkozy s’est bien gardé de nationaliser les banques mais a eu recours à une autre forme pour son plan d’aide à la finance. En 2012, face au plan de liquidation de plusieurs usines PSA en France, à l’enterrement de la sidérurgie de Florange ; en 2013, face au démantèlement d’Alstom ; en 2014 et 2018, face à la livraison de la SNCF au privé ; en 2018, face à la privatisation des barrages hydrauliques ; le Parti aurait pu et aurait dû porter la revendication de la nationalisation ou (re)nationalisation (avec monopole public) dans une campagne nationale de soutien aux luttes.

 

Le congrès propose une campagne nationale pour des nationalisations démocratiques des secteurs clés de l’économie :

            –L’ensemble du secteur bancaire et financier.

            -Les industries sidérurgiques, chimiques, automobiles, aéronautiques, pharmaceutiques…

            -Les industries d’armement.

            -Le secteur énergétique.

            -Les autoroutes.

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