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PCF 2017 : Nous dénonçons la mascarade du « vote interne » et l’effacement derrière un candidat issu du PS et/ou derrière Mélenchon. Exigeons du Conseil national le respect des statuts du Parti !

Lettre ouverte de Corinne Bécourt, Emmanuel Dang Tran et Dominique Negri, membre ou ex-membres du CN du PCF, 27 novembre 2016 

Qui des deux sera le meilleur ami du PCF?

Chers camarades,

Quel contraste ! Après la soi-disant consultation des adhérents du PCF sur la stratégie du Parti pour 2017, Pierre Laurent et les groupes dirigeants affichent globalement leur satisfaction. Chez bien des camarades au contraire, le malaise s’accroît encore devant le constat : Le Parti est plus divisé que jamais ; les communistes sont privés totalement de débat de fond et de décisions sur les orientations de fond ; l’effacement du Parti s’aggrave encore.

Pierre Laurent et la direction se réjouissent d’avoir réussi leur petit coup politicien et manipulé les communistes. Pierre Laurent ne fera pas oublier pour autant ses décisions unilatérales de janvier de s’inscrire dans des primaires et du 4 novembre d’annoncer via les médias son ralliement tactique à la candidature Mélenchon.

De quoi se satisfont Pierre Laurent et sa direction ? Ils sont contents de faire croire que les communistes ont adopté une position pour les présidentielles de 2017, en fait de les faire patienter d’ici le résultat des primaires du PS. Ils sont contents de préserver toutes les possibilités de combinaisons électorales et de placement dans la recomposition politique à « gauche » que les tensions du PS et les besoins du système laissent présager.

La consultation des 24, 25 et 26 novembre aboutit en effet, à 53%, à un soutien à la candidature Mélenchon mais c’est un soutien subordonné à la « recherche d’un large rassemblement à gauche ». Autrement dit, si Montebourg ou Hamon emportent les primaires, si les sondages deviennent défavorables à Mélenchon, si Mélenchon commet un nouveau dérapage populiste plus inacceptable, la direction du PCF saura toujours se rallier à tout ou partie du PS. Pour quantité de raisons politiques, nous ne voulons pas d’un alignement sur Mélenchon – nous avons été parmi les premiers à dénoncer l’opération « Front de gauche » qui l’a intronisé dans le Parti – mais nous constatons que le résultat du vote de ce week-end ne représente même pas un véritable lancement de campagne.

Deuxième sujet de contentement pour les directions du Parti, leur vote biaisé a permis d’amener une bonne part des camarades soucieux de défendre une « identité communiste » du Parti à se ranger derrière « l’option 2 » portée pourtant par des éléments parmi les plus réformistes et les plus inféodés à la social-démocratie, tels que le suppôts du social-libéralisme d’Anne Hidalgo à Paris, les économistes défenseurs d’aides mieux graduées au patronat et d’une UE un peu moins pro-capitaliste, ou encore de ceux qui cogèrent avec le PS et les ultra pro-UE d’EELV (Onesta) la région « Occitanie ».

Exactement comme avant 2012, la candidature virtuelle d’André Chassaigne, avec sa personnalité bonhomme et compassionnelle, aura aidé à faire la manipulation. Nous rappelons, entre autres, ses positions pro-Tsipras ou son acceptation au Parlement de la dissolution de la SNCF.

Devant tous les cas de figure, suivant un principe de précaution, l’option 2 de la direction ne proposait qu’une candidature issue du PCF provisoire et rétractable.

Ces dirigeants du PCF n’ont pas de quoi être fiers d’avoir administrativement fait blocage à la 3ème option que nous avons portée, celle d’une candidature PCF sur des positions communistes de rassemblement et de rupture.

Les militants, eux, ont de quoi enrager et ce, quel qu’a été leur vote. Nous les appelons à ne pas céder au découragement, à ne pas laisser le terrain de la lutte, alors que l’offensive de la droite d’alternance avec Fillon, sur l’autoroute ouverte par la « gauche », avec la diversion de l’extrême-droite, s’annonce très dure.

Selon les chiffres officiels, la participation au vote de ce week-end a été relativement élevée : un petit tiers des adhérents revendiqués aurait voté. C’est plus que pour le vote sur les textes de congrès en avril.

Nous y voyons deux phénomènes. D’une part, soucieuses de préserver leur situations électives, les directions territoriales du Parti ont su augmenter le nombre de votants suivant leurs intérêts. D’autre part, nombre de camarades ont senti la gravité des conséquences des choix de la direction pour 2017 et essayé, du moins par défaut, d’empêcher le pire.

En ce qui nous concerne, nous avons dénoncé la mascarade anti-démocratique et refusé de voter.

Mais nous pouvons comprendre que des camarades aient vu dans la candidature Mélenchon, face aux combinaisons réformistes de Pierre Laurent, un pis-aller donnant l’image d’une rupture avec la social-démocratie au pouvoir. Nous comprenons les camarades qui ont voulu, même au moyen de la bien peu radicale candidature virtuelle de Chassaigne, provisoire mais susceptible d’être poussée plus loin, une possibilité de lutter contre l’effacement total du Parti.

Mais pour nous, la question n’est plus là, n’est plus à savoir comment limiter les dégâts, sauver quelques meubles électifs. Hue 2002, Buffet 2007, néant 2012 ont suffisamment montré les lourdes conséquences de l’abandon des positions communistes et de l’organisation communiste dans la lutte des classes.

Nous n’acceptons pas le nouveau coup de force de l’équipe dirigeante. Ils veulent biaiser avec les communistes, les tromper, jusqu’à ne pas respecter les statuts du Parti qu’ils ont eux-mêmes rédigés.

Aujourd’hui, d’ici la réunion du Conseil national du 1er décembre, nous vous appelons à exiger le respect de ses statuts afin d’obtenir, enfin, le débat de fond sur les positions que le Parti doit défendre, débat dont on nous a privés dans un congrès bâclé et précipité. Les communistes doivent avoir enfin la possibilité de se prononcer définitivement, une fois pour toutes et sans entourloupe, sur les échéances électorales de 2017.

Nous appelons les responsables d’organisation du Parti, les camarades isolés qui partagent notre analyse et veulent intervenir à reprendre cette revendication et à prendre contact avec nous pour que nous gagnions au CN le respect des règles démocratiques élémentaires du Parti.

Décidés à ne pas laisser faire, à faire vivre et renforcer notre parti sur ces bases de classe, nous vous adressons nos salutations fraternelles,

Corinne Bécourt, secrétaire de la section du PCF de Saint-Quentin

Emmanuel Dang Tran, secrétaire de la section du PCF de Paris 15ème, membre du Conseil national du PCF

Dominique Negri, secrétaire de la section du PCF de Saint-Martin-d’Hères

Contact : cahierscommunistes@orange.fr

 

RAPPEL DES STATUTS DU PCF :

19. Les candidatures

La décision de présenter au nom du Parti ou de soutenir des candidat-e-s aux différentes élections est prise par les adhérent-e-s.

19.1. Les propositions de candidatures, après appel à candidature, peuvent émaner des assemblées générales et des instances départementales et nationales comme être présentées dans le Parti à titre individuel. Tous, toutes les adhérent-e-s habitant sur le territoire concerné par l’élection sont informé-e-s de toutes les candidatures.

19.2. Les communistes élaborent les propositions de candidatures dans l’instance correspondant à la circonscription électorale concernée en liaison avec les instances qu’elle regroupe. Les candidatures sont ensuite validées comme suit :

· Pour les élections municipales, les structures intercommunales et les conseils d’arrondissements et de secteurs: l’assemblée générale des communistes résidant ou étant organisés dans la commune, ou dans les communes concernées en lien avec les conseils départementaux ;

· pour les élections municipales dans les villes de plus de 20 000 habitants :les sections et les fédérations en lien avec le Conseil national ;

· pour les élections cantonales et le Conseil de Paris: le conseil départemental ;

· pour l’élection régionale : la conférence régionale ;

· pour les élections législatives et sénatoriales: le Conseil national à partir des propositions des conseils départementaux ;

· pour les élections européennes: le Conseil national ;

· pour l’élection présidentielle: la conférence nationale.

19.3. Le bulletin de vote présentant la ou les propositions de candidatures est adopté par les adhérent-e-s, leurs représentants-e-s ou leurs délégué-e-s. Pour les élections législatives et sénatoriales, les bulletins de vote font l’objet d’une validation par le Conseil national afin que soient respectées les orientations nationales politiques du Parti et, pour les législatives, la parité à l’échelle de toute la France.

Tous les efforts sont faits pour aboutir à un projet de candidatures où se retrouve la très grande majorité des adhérent-e-s, de leurs représentants-e-s ou de leurs délégué-e-s. Malgré cela, si d’autres candidatures sont maintenues, elles sont également soumises au vote. Celles qui reçoivent le plus de voix figurent alors sur le bulletin de vote comme le choix de l’instance (assemblée des adhérents, conseil départemental, conférence régionale, Conseil national, conférence nationale, congrès)

19.4 Le vote des adhérent-e-s : les adhérent-e-s de la circonscription électorale concernée se prononcent alors individuellement, à bulletin secret, sur la ou les candidatures proposées. La ou les candidatures sont définitivement adoptées si elles recueillent une majorité des suffrages exprimés.

Au bout de ce processus, seules les candidatures ainsi désignées sont celles qui peuvent se prévaloir de l’investiture du Parti, utiliser le logo ou la signature du PCF. En cas de maintien d’un-e autre candidat-e, les instances du Parti concernées peuvent suspendre les droits de cet adhérent, de cette adhérente.  

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1 comment

  1. SARTON Bernard

    Votre analyse rejoint la mienne et en partie celle de la direction du PCF d’Aubagne (96 votants sur 127 : 51 pour la motion 2 ,45 pour la motion 1). Malgré l’appel de l’ancien Maire et de deux autres élus communistes pour Mélenchon le courant dit réformiste recule enfin à Aubagne parmi les militants et adhérents .Pour les législatives nous nous battons pour des candidatures communistes malgré les pressions d’anciens membres du Parti acquis à la France insoumise . Ce combat permanent pour que notre parti retrouve ses accents révolutionnaires , qu’il n’aurait jamais dû perdre , dans les plus brefs délais est essentiel pour la prochaine période . La droite prend un virage accentué vers plus d’austérité avec la candidature Fillon , cela s’explique par la concurrence accrue et efficace de la bourgeoisie asiatique qui taille d’énormes croupières économiques et de profits aux bourgeoisies occidentales . L’alliance de fait entre la Russie et la Chine contribue à orienter l’économie mondialisée vers l’orient dans le cadre des BRICS . La bourgeoisie française ne sait plus à quel saint se vouer devant cette donnée économique qui l’asphyxie de plus en plus sur les marchés européens et mondiaux . Sarkozy et Hollande , malgré leurs efforts pour rendre notre économie plus compétitive , ont échoué lamentablement pour les profits accrus du Patronat surtout proche du marché intérieur . Aujourd’hui la crise du capitalisme s’accélère en martyrisant la population par le chômage et la misère partout sauf justement en Russie et en Chine-Vietnam et autres pays proches de leur zone d’influence . Le PS et alliés sont aux abois par leur compromission permanente avec cette fameuse économie de marché que les médias nous prônent en permanence comme un sermon dogmatique à tous nos problèmes . La social-démocratie se meurt parce que la bourgeoisie n’en a plus besoin pour tenir les masses populaires en colère , elle développe donc d’autres solutions de contrôle des masses par une radicalisation droitière à la Fillon ou par la démagogie socialo-ethnique du FN . Face à cette nouvelle stratégie de la bourgeoisie radicalisée le PCF et alliés révolutionnaires se cherchent une politique et une stratégie de résistance et même de riposte qui a du mal à accoucher par l’erreur antérieure d’alliance de fait électorale avec la social-démocratie . Nous en sommes là aujourd’hui et l’ensemble des communistes et révolutionnaires doivent donc s’unir sur le choix définitif d’abolir le capitalisme en fin de vie historique . Le choix Mélenchon reflète notre incertitude de décision en ce domaine devant l’histoire et cela permet à l’adversaire de classe en difficulté de gagner du temps et de retarder sa mise au tombeau de son futur musée historiographique de son système qui a 5 siècles d’existence … Continuer le combat révolutionnaire c’est la solution à tous nos problèmes pour les résoudre au mieux comme a su le faire Cuba avec son leader charismatique Fidel , certains qui l’encensent ou qui le dénigrent n’arrivent pas à la hauteur de sa cheville de militant révolutionnaire , ils devraient se faire petit devant ce géant qui a agit avec constance et créativité pour que son peuple devienne vraiment « indépendant » du capitalisme dévastateur . Je crois qu’en France nous avons besoin de nombreux petits « Castro » créatifs et vertueux …La jeunesse peut-être les trouvera !!!!!

    Bernard SARTON , membre de la direction du PCF d’Aubagne

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