Amendement n°2 : Pour une analyse communiste de l’emploi et du chômage

Nos 11 amendements votés démocratiquement en congrès de section ayant tous, sauf un, été rejetés et non soumis au vote lors de la conférence départementale sous le prétexte « trop longs », nous les publions sur le site afin que l’ensemble des communistes de l’Aisne puisse en avoir connaissance.

 

Amendement n°2 : Pour une analyse communiste de l’emploi et du chômage

 

-Insertion dans le texte : De la page 11 ligne 39 à la page 12 ligne 6, suppression pour remplacement.

 

-Résumé de l’amendement : La partie concernée porte sur la Sécurité Emploi Formation (SEF) qui s’apparente à de la flexi-sécurité. Nous refusons de demander aux travailleurs de s’adapter aux besoins des mutations des secteurs économiques capitalistes. De plus, l’idée selon laquelle nous pouvons supprimer le chômage en économie capitaliste est fausse. La SEF n’est qu’une proposition d’aménagement des relations de travail dans le capitalisme. Nous devons remplacer cela par notre analyse du travail et du chômage en mode de production capitaliste, réaffirmer notre analyse marxiste de ces questions. Le travail salarié est la base de l’exploitation et le chômage est obligatoire en système capitaliste du fait de son instabilité, cela donne lieu à « l’armée de réserve » qui permet d’augmenter les profits. La fin de l’exploitation et du chômage ne pourront se faire que par l’abolition du capitalisme. Dans l’immédiat le PCF doit retourner à l’entreprise, en lien avec le syndicat, pour améliorer les conditions de travail par le rapport de force et la lutte. Nous devons renouer avec notre analyse marxiste du chômage et proposer aux travailleurs et aux chômeurs une perspective révolutionnaire via l’organisation de classe et les luttes quotidiennes.

 

Les questions de l’emploi et du chômage sont absolument centrales pour notre combat communiste car elles sont au cœur du fonctionnement de l’économie capitaliste. L’idéologie dominante cherche, par tous les moyens, à cacher les relations d’exploitation et de domination afin de transférer vers les travailleurs la responsabilité du chômage et de la dégradation des conditions de travail. Face à cela, il est aujourd’hui urgent que le PCF réaffirme de manière ferme son analyse marxiste de ces questions. Cela ne peut se faire que par l’abandon des théories réformistes développées au cours des années passées, et en premier lieu desquelles la « Sécurité Emploi Formation » (SEF).

 

Commençons par affirmer que le chômage et l’exploitation sont consubstantiels du mode de production capitaliste. Toutes les réformes mises en place par les gouvernements ne cherchent pas à éradiquer le chômage mais à former une armée de réserve permanente. Cette armée de réserve permet de faire basculer le rapport de force en faveur du patronat et de rendre les luttes plus difficiles permettant alors à la bourgeoisie de dégrader les conditions de travail des salariés et de faire pression sur les salaires. L’explosion de l’ubérisation et de l’auto-entreprenariat, la multiplication des CDD et des contrats précaires plus largement… toutes ces formes récentes de l’exploitation capitaliste ne peuvent se comprendre sans la présence d’un chômage de masse. Il est aussi bon de réaffirmer que l’analyse marxiste montre, et cela se vérifie aujourd’hui, que le chômage en système capitaliste est l’une des contre-tendances à la baisse tendancielle du taux de profit.

 

Dans ce cadre, il est urgent de lever l’illusion portée par le projet de « Sécurité Emploi Formation » qui propose d’éradiquer le chômage et de modifier les conditions du salariat au cœur même du mode de production capitaliste par une simple formation des travailleurs. En effet, il est impossible de supprimer le chômage et l’exploitation sans changer radicalement de mode de production. Ce n’est pas à nous, communistes, de demander une réorientation de la finance pour mieux adapter les travailleurs au marché. Ce n’est pas à nous non plus de demander de mieux former les travailleurs afin que ces derniers soient plus flexibles pour s’adapter aux transformations du marché capitaliste. Enfin, ce n’est pas non plus à nous, communistes, de se battre pour de « nouveaux critères de gestion » qui sèment l’illusion que les travailleurs pourraient avoir un mot à dire au sein des entreprises capitalistes.

 

Les théories de « Sécurité Emploi Formation » ou de « nouveaux critères de gestion » portent de graves illusions réformistes et ne peuvent être la base de l’analyse économique d’un parti communiste. Il faut rompre avec cela afin de renouer avec notre analyse marxiste de l’emploi et du chômage. Dans l’immédiat le PCF doit retourner à l’entreprise, en lien avec le syndicat, pour améliorer les conditions de travail par le rapport de force et la lutte. Nous devons également proposer aux travailleurs et aux chômeurs une perspective révolutionnaire via l’organisation de classe et les luttes quotidiennes. C’est par les luttes que nous arracherons des améliorations immédiates de nos conditions de travail, c’est par les luttes que nous construirons un autre mode de production débarrassé du chômage et de l’exploitation.

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