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Qui paie pour les errements financiers d’Habitat Saint-Quentinois ? Le locataire ! – conseil municipal du 23 novembre 2015 – Intervention d’Olivier TOURNAY (PCF)

Conseil municipal du 23 novembre 2015

Intervention d’Olivier TOURNAY (PCF) relative à Habitat Saint-Quentinois.

ConseilMunicipal

 

Il nous est proposé de voter une garantie financière pour un futur projet d’Habitat Saint-Quentinois.

Ce projet est-il viable, abouti, finalisé ? Ce type de rapport est parfois examiné en conseil municipal, de plus en plus rarement d’ailleurs, attestant le peu de nouvelles constructions. Rétrospectivement, il est donné de constater que ce qui apparaissait comme abouti sur le papier ne l’était absolument pas en réalité. La longue liste des friches d’ Habitat Saint-Quentinois en est la preuve car le bailleur municipal a acheté (très cher) des terrains ou habitations dans le cadre de projets qui se révèlent être fantoches. Ainsi, le conseil municipal a donné sa garantie financière pour la friche Lunéville, un projet acté par le bureau le 12 octobre 2007 qui n’existe pas au final et qui s’avère être un gouffre financier. La liste des ces friches est longue, le coût pour Habitat Saint-Quentinois est de 4 millions d’euros, qui ne vaudrait aujourd’hui que 2 millions d’euros, selon l’estimation des domaines si l’on revendait.

Qui règle la note ? Les locataires ! Ce sont les locataires qui font les frais de ces dérives, alors même que 43% des ménages locataires HLM sont sous le seuil de pauvreté.
Depuis 2008, les loyers ont augmenté de  20% en moyenne. La pression s’est accentuée depuis qu’ Habitat Saint-Quentinois est sous la coupe de la CGLLS, petit FMI du logement social, qui impose des ventes d’immeubles et une augmentation des loyers toujours plus importante que l’Indice de Référence des Loyers. Heureux hasard, cette obligation n’a pas été respectée durant la campagne des municipales de 2012. On m’avait pourtant affirmé à plusieurs reprises en conseil d’administration qu’il n’était pas possible de s’y substituer.
Cette année, c’est encore une augmentation de 1.3% en moyenne. Concrètement, cela veut dire que certains logements ne subiront pas ou presque d’augmentation car ils sont déjà au plafond (tordant au passage l’idée que les loyers d’ Habitat Saint-Quentinois sont nécessairement bas) mais que d’autres locataires vont subir des augmentations allant jusque 5% ! Les élus du Conseil municipal siégeant à Habitat Saint-Quentinois ont tous voté cette augmentation. Même M. Grzeziczak qui a pourtant voté contre toute nouvelle augmentation au conseil d’administration de l’OPAL. A Saint-Quentin, on augmente…

Maintenant, il faut tordre le cou à une autre rumeur. Celle qui voudrait que la municipalité ne sait rien des dérives financières d’ Habitat Saint-Quentinois et qu’elle n’y a aucun rôle. Cet organisme a un exécutif, tout comme cette municipalité, où siègent plusieurs représentants de la ville, et ce depuis toujours. En inspectant les minutes lapidaires des comptes-rendus du Bureau Exécutif et à la lumière des différents scandales que l’on connaît aujourd’hui, qui osera affirmer que la municipalité n’est pas au courant ? Admettons que ce soit le cas, nous aurions affaire dans ce cas à de la pure incompétence.

Vous-même M. le Maire, vous êtes cité dans les comptes-rendus, comme ayant été mis au courant des différents projets en cours. Et allons plus loin, la municipalité est même donneuse d’ordre pour certains projets. Par exemple, le champ qui borde l’hôpital. Il serait d’ailleurs parfait pour accueillir un parking gratuit afin que la population cesse d’être rackettée lorsqu’elle va se soigner ou visiter ses malades, permettant par la même de désengorger le quartier Cépy des voitures ventouses, ou de permettre aux familles de récupérer leurs enfants à l’école Ferdinand Buisson dans de bonnes conditions. Bref ce champ qui appartient à Habitat Saint-Quentinois a été acheté, nous indique les comptes-rendus, à la demande de la ville, bien qu’il n’y ait actuellement aucun projet sur cette parcelle et encore moins émanant de l’hôpital.
Autre exemple de l’implication première de la ville : le 15 novembre 2010, un projet de rachat des bâtiments de l’Aisne Nouvelle a été soumis et voté en Bureau Executif par Habitat Saint-Quentinois à la demande de la ville, sans qu’il n’y ait de projet défini. Heureusement, cette vente n’a pas abouti, elle était établi à 1.29 millions intérêts compris. L’article de presse du Courrier Picard de samedi, se basant sur l’audit réalisé à Habitat Saint-Quentinois, déposé en juillet, mais que personne n’a lu (bien entendu), ne laisse pas d’autres doutes quant à l’implication de la ville au sein d’Habitat Saint-Quentinois.

On peut parler aussi de la gestion improbable d’autres ressorts d’ Habitat Saint-Quentinois comme le numéro court, créé à voter demande Monsieur le Maire. Aussitôt créé, aussitôt abandonné, laissant au passage une facture supplémentaire. Parlons aussi de la perte de sèche 300 000 euros de subventions pour la réhabilitation d’immeubles du quartier de Vermand suite au rejet par l’ANRU du fait de la non présentation de pièces relatives aux travaux.

Pour conclure, il est primordial d’en finir avec cette gestion du logement social à Saint-Quentin. Il faut d’abord prioritairement :
• mettre fin aux ventes d’immeubles
• mettre fin aux augmentations de loyer (les locataires n’ont pas à payer pour la gestion calamiteuse d’ Habitat Saint-Quentinois)
• Régler la question de la fiscalité : le logement social a été mis en difficulté par le Conseil Général, je l’ai dit à plusieurs reprises, lors de l’augmentation de la Taxe Foncière car il n’y a pas pour ce type de structures de compensation de la baisse d’habitation. Vous n’avez eu de cesse de critiquer cette conséquence lorsque vous étiez minoritaires au Conseil Général. Maintenant que ce n’est plus le cas, il me semble légitime que vous acceptiez ma proposition, à savoir une motion du conseil municipal à l’adresse du conseil général, que pourront porter les conseillers généraux ici présents, visant à modifier la fiscalité des bailleurs sociaux.
Nous allons donc voir si les réactions précédentes n’étaient ou pas que des postures politiciennes.

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