L a première fois que j’ai dormi dans ma voiture, je me voyais sur place. J’en chialais. Je croyais que j’étais vivant dans mon cercueil. » Yves Pierre, 65 ans, a été expulsé de son appartement du quartier Neuville le matin du jeudi 11 octobre dernier. Article du Courrier Picard

LES RETRAITES PAYENT LE PRIS FORT!

Yves, 65 ans, livre des journaux dans nos boites aux lettres pour essayer de s’en sortir, survivre!
Les plus pauvres, les précaires, les bas salaires,
Plus que jamais NON AUX EXPULSIONS, avec la CNL, le PCF Saint-Quentin, les locataires, continuons à agir!
Appel à tous, SOLIDARITE, développons les actions collectives contre les expulsions!

 

Article et photo du Courrier Picard

http://www.courrier-picard.fr/145051/article/2018-10-26/un-retraite-vit-dans-sa-voiture-depuis-lexpulsion-de-son-logement-saint-quentin

L a première fois que j’ai dormi dans ma voiture, je me voyais sur place. J’en chialais. Je croyais que j’étais vivant dans mon cercueil. » Yves Pierre, 65 ans, a été expulsé de son appartement du quartier Neuville le matin du jeudi 11 octobre dernier.

Un huissier a frappé à la porte et a notifié l’avis d’expulsion. Tous les meubles sont partis dans un garde-meuble.

« Sans le concours des forces de l’ordre,

il est possible de refuser l’expulsion »

« Il y avait les forces de l’ordre ? », interroge Corinne Bécourt, de la confédération nationale du logement (CNL). Non. « C’était donc une tentative d’expulsion. Il faut savoir que sans le concours des forces de l’ordre, il est possible de refuser l’expulsion. » Sur ce dossier, la CNL a été saisie trop tardivement.

« Une fois que l’expulsion a eu lieu, nous ne pouvons rien faire. » Sauf accompagner les anciens locataires dans leurs nouvelles démarches.

Yves Pierre est retraité. Sa pension doit être recalculée. Lors de ses démarches auprès de la CNL, un souci de calcul est apparu. Par ailleurs, le retraité travaille pour compléter sa pension. « J’ai eu des problèmes financiers, admet-il. Les retards dans les loyers, c’est un fait, je ne peux pas le nier. » La dette auprès d’Habitat Saint-Quentinois s’élève à 4 900 €.

Le Saint-Quentinois a intégré son logement du quartier Neuville, un F4, en février 2016. Il s’était fait expulser du précédent, géré par la Maison du CIL, après une dette de 14 500 €.

Une nouvelle demande de logement social

Quand il rentre dans le logement d’Habitat Saint-Quentinois, il est accompagné de sa fille et de sa petite-fille. Elles sont, depuis, parties. « Nous l’avons rencontré plusieurs fois pour lui proposer un logement plus petit et moins cher, explique Marc Voisin, directeur. Il n’a pas voulu faire d’effort. » Une procédure d’expulsion a été enclenchée.

Un commandement de quitter les lieux a été envoyé au locataire le 2 août. À partir de cette date, il avait deux mois pour s’exécuter.

« S’il n’y a pas eu utilisation des forces de l’ordre, c’est qu’il était d’accord pour partir », reprend le directeur qui affirme que plusieurs expulsions ont eu lieu en début de mois.

Pour la CNL, ces expulsions ont lieu avant la trêve hivernale et l’accord des locataires pour partir est relatif.

Yves Pierre a dû dormir dans sa voiture. La seule solution d’urgence proposée était le centre Hilaire-Cordier : « Mais j’ai ma fierté et mon respect : les marginaux sont mélangés avec ceux qui veulent s’en sortir. Ce n’est pas facile. » Aujourd’hui, il a fait une nouvelle demande de logement social à Soissons.

ALICE MEUNIER

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