Courrier Picard du 2 novembre : Le bureau national du PCF assigné en justice par les communistes de Saint-Quentin

Le bureau national du PCF assigné en justice par les communistes de Saint-Quentin

Olivier Tournay et Corinne Bécourt, deux adhérents incontournables de la section de Saint-Quentin qui compte 256 adhérents.

Olivier Tournay et Corinne Bécourt, deux adhérents incontournables de la section de Saint-Quentin qui compte 256 adhérents.

Les faits

Le 16 octobre, le coordinateur départemental, Aurélien Gall, écrit à la section de Saint-Quentin pour les informer des décisions du conseil départemental par rapport à la répartition des délégués pour le congrès départemental. Saint-Quentin est la section avec le plus d’adhérents et se sent lésée dans cette nouvelle répartition.

Le 22 octobre, en réunion de préparation d’un congrès départemental, les sections de Gauchy et du Val d’Origny n’ont pas le droit de prendre part au vote. Leur existence est niée par la fédération départementale.

Mardi 30 novembre, l’affaire est portée devant de tribunal de grande instance de Paris. La section locale a assigné le bureau national en référé.

Vendredi 2 novembre, la justice rend sa décision.

Samedi 3 novembre, le congrès départemental doit se tenir à Tergnier. Un congrès national extraordinaire est fixé les 25 et 26 novembre.

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Faire ça contre son propre parti c’est que la situation est grave », souffle Corinne Bécourt, secrétaire de la section locale du parti communiste français (PCF). L’inaltérable communiste se reprend : «  Ce n’est pas contre le parti mais contre ses directions.  » La section saint-quentinoise a assigné la direction du parti devant le tribunal de grande instance de Paris pour annuler la décision du comité départemental relative aux délégations du congrès départemental.

Dans le mode de désignation établie, la section de Saint-Quentin, 256 adhérents, la plus nombreuse du département, se retrouve avec une faible représentation au département. Deux sections sœurs, celle du Val d’Origny et celle de Gauchy se retrouvent ainsi niées dans leur existence par la fédération départementale.

459 cotisants communistes dans l’Aisne

Les communistes saint-quentinois ont fait le calcul pour le congrès qui doit se tenir samedi 3 novembre. La désignation des délégués, tel qu’il a été décidé de les nommer en octobre, s’établit comme suit : deux délégués d’office par section et un par tranche de vingt cotisants (un pour dix en 2016). «  Ce tripatouillage permet d’attribuer six délégués pour sept cotisants à la section unifiée de Lehaucourt-Bohain et de réduire la représentation des trois sections (Saint-Quentin, Val d’Origny et Gauchy) à onze délégués pour 256 cotisants », expliquent-ils dans une lettre ouverte à destination de Pierre Laurent, secrétaire national, et Fabien Roussel, chef de file du texte « Manifeste ». La fédération départementale compte 459 cotisants.

C’est une situation de crise que connaît la fédération de l’Aisne. Vingt-six communistes ont donc saisi le tribunal. La section saint-quentinoise n’a pas de personnalité juridique, c’est donc en leur nom propre que les « camarades » ont fait la démarche.

Dans la lettre ouverte, les trois sections (Saint-Quentin, Gauchy et Val d’Origny) dénoncent une situation «  délétère  ». Le président départemental, Benoît Roger, a démissionné en 2016 face à cette situation. Depuis, Aurélien Gall est coordinateur départemental, un statut que les communistes saint-quentinois ne reconnaissent pas. « Des « faisant office » tiennent lieu de direction  », assènent-ils dans leur lettre ouverte.

Le tribunal doit rendre sa décision vendredi 2 novembre. La fin du marasme ? En tout cas, selon les Saint-Quentinois, il sera temps de réunifier cette fédération faite de «  militants qui bataillent au quotidien  » pour reconstruire le parti.

 ALICE MEUNIER

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Aurélien Gall, coordinateur départemental  : « Ça ne concerne que les communistes »

Pourquoi avoir changé le mode de représentation des sections au congrès départemental ?

Je suis surpris que ces questions d’organisation interne se retrouvent dans la presse. Ça ne concerne que les communistes. La justice a été saisie. Le mode n’a pas été changé. En 2017, c’était déjà celui-là. Nous devons avoir un nombre limité de délégués pour pouvoir travailler sereinement.

Pourquoi ne pas avoir reconnu les sections du Val d’Origny et de Gauchy ?

Nous (la fédération départementale) et le bureau national avons estimé que les statuts n’avaient pas été respectés. Tous les adhérents n’ont pas été contactés lors de ces créations de section. Il y en avait qui habitaient sur ces territoires et qui n’ont pas été informés. S’ils étaient adhérents, c’est qu’il y avait une section de rattachement. Il n’est pas possible d’avoir deux sections sur le même territoire. La justice tranchera. La décision est rendue vendredi 2 novembre.

Quels sont vos objectifs ?

Renforcer le parti communiste dans l’Aisne et être plus visible qu’on ne l’est aujourd’hui.

En créant des conflits entre communistes et en voulant supprimer des sections, ça commence fort !!!! (ajout de la rédaction du site pcfsaintquentin.fr)

 

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